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Poèmes

La guerre


non à la guerre Ville en flammes, maisons qui brûlent,
Sur les décombres, une femme qui hurle,
Cris des sirènes, des seins lourds qui lâchent.
L'enfant dans ses bras n'aura plus d'âge.
Lorsque se taisent les armes
De ceux qui avaient raison,
De ceux qui avaient tort,
Il ne reste que la mort.

Ailleurs, on se met à table, devant la télé : "Passe-moi le vin s'il te plaît."
Des torrents de feu traversent la rue.
Une fillette cherche ses rêves, à jamais disparus.
Ses parents près d'elle, étalés sur la chaussée.
Et le verbe aimer n'appartient plus qu'au passé.
Lorsque se taisent les armes
De ceux qui avaient raison,
De ceux qui avaient tort,
Il ne reste que la mort.

Ailleurs, c'est l'heure de se mettre au lit : "Fais de beaux rêves ma chérie."
Vêtue d'acier, tachetée de sang,
Piétinant la ville en passant,
La guerre nourrit sa clientèle,
De balles, d'obus et d'autres fruits mortels.
Lorsque se taisent les armes
De ceux qui avaient raison,
De ceux qui avaient tort,
Il ne reste que la mort.

Ailleurs les vacances, la plage, les routes, "ce soir en direct un match de foot"
Orient des larmes, Orient de la souffrance,
Mon Dieu entends-tu ce silence,
Qui vient après tous ces vacarmes,
Lorsque se taisent les armes
De ceux qui avaient raison,
De ceux qui avaient tort,
Il ne reste que la mort.
Sara Alexander
(chanteuse israélienne)
Paru dans "L'Humanité" du 13/02/2003



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